Les coraux durs : de la couleur en aquarium récifal

Chaque espèce de corail dur demande une eau de mer de niveau récifal pour son élevage. La grande majorité des coraux durs vendus sont photosynthétiques car ils vivent en symbiose avec des micro-algues, les zooxanthelles : un éclairage intense est un critère important pour leur maintenance en aquarium. Le brassage (jamais dirigé directement sur un corail!) doit idéalement être assez puissant, surtout avec les coraux SPS à petits polypes. Les coraux LPS à longs polypes sont habituellement moins exigeants que les SPS, tant en luminosité que brassage. (Voir fiche Corail dur)

Corail dur

Les coraux durs sont certainement les plus exigeants en maintenance en aquarium récifal. Les tests d'eau doivent être réguliers car toute dérive peut entraîner au mieux un arrêt de croissance, au pire la mort du corail.

Les taux de nitrates (NO3) et phosphates (PO4) doivent absolument être parfaitement contenus à des valeurs très basses. Il est généralement admis (notamment pour les SPS) que des valeurs de 5 mg/l de nitrates et/ou de 0,2 ppm de phosphates conduisent déjà à une inhibition partielle (et même totale pour certaines espèces sensibles) de la croissance. À de tels taux, les coraux durs ont tendance à devenir plus foncés et perdent leur éclat. Cela est dû à une plus grande production de zooxanthelles (les algues symbiotiques qui sont marrons) pour "consommer" les nitrates et phosphates en excès.

N'oubliez pas que les coraux vendus par MarineLife sortent tout juste du milieu naturel (généralement en provenance directe des fermes de mariculture) : si le milieu captif d'un aquarium ne répond pas aux mêmes critères de conditions environnementales, une période d'adaptation des boutures de coraux est à prévoir. Plus les paramètres physico-chimiques de l'eau de mer d'un aquarium récifal se rapprochent des valeurs fondamentales du milieu océanique naturel, plus les coraux connaîtront une bonne reprise en croissance tout en conservant leurs jolies couleurs.

Les coraux durs LPS sont souvent moins sensibles, grâce à leurs longs polypes, que les SPS à des valeurs un peu plus élevées en nitrates et phosphates (mais sans excès non plus).

Si les jeunes installations (disons moins de 2 ans pour des volumes de plus de 250 litres ou 18 mois pour des volumes moindre avec une très bonne maintenance) sont souvent peu soumises à de profondes dérives, les installations déjà âgées sont sujettes au "syndrome du vieux bac"... Dans ce cas, il est utile de vérifier (même occasionnellement) tous les composés en "ates" (silicates et borates, en plus de nitrates et phosphates) si un arrêt ou un ralentissement de croissance est observé.

Que faire si les nitrates et les phosphates sont trop élevés?

La (bonne) croissance des coraux durs est réellement inféodée à de faibles taux de NO3 et PO4, il faut alors trouver la source (les sources...) de production de ces nitrates et/ou phosphates.

En premier lieu, vérifiez la qualité de l'eau osmosée employée pour compenser l'évaporation ou la reconstitution de l'eau de mer avec les sels synthétiques (qui imposent tous, de nos jours, l'usage d'eau osmosée parfaitement pure) pour les changements d'eau hebdomadaires. Si l'eau osmosée affiche en sortie d'osmoseur un taux de solides dissous (TDS) supérieur à 4 ppm, cela pose déjà des problèmes potentiels puisque vous allez introduire des solides dissous (nitrates et phosphates en "grosse" simplification de langage) dans le bac... Dans ce cas, révisez l'osmoseur (changement des préfiltres, des cartouches d'osmose -qui vieillissent et deviennent moins efficaces avec le temps-, utilisation de résines déionisantes si l'eau du robinet de départ est chargée en solides dissous, etc.). Une astuce : si l'osmoseur dispose à la fois d'un TDS-mètre et d'une pompe Booster, mesurez les TDS en sortie avec et sans la pompe booster : si une différence notable est mesurée entre les deux, une révision de l'osmoseur est à programmer.

Si l'aquarium récifal est surpeuplé en poissons, il ne faut surtout pas affamer les poissons pour diminuer les intrants organiques (déchets dus à la nourriture). Des solutions mécanico-chimiques peuvent être envisagées : produits réducteurs de NO3 et PO4, billes d'aluminium contre les PO4, amplificateurs de l'activité bactérienne, etc. La situation peut évoluer avec les années : les poissons grandissent rapidement et demandent plus de nourriture, impliquant des augmentations des déchets.

Vérifiez le bon fonctionnement du matériel (pompes de brassage et/ou de remontée fatiguées, tuyaux sales diminuant le débit, écumeur sale, etc.) mais vérifiez aussi l'encrassement des pierres vivantes. Si le système mécanique et biologique de l'aquarium n'est pas à son optimum, quelques interventions de nettoyage peuvent améliorer la situation.

À propos des pierres (roches) vivantes : le brassage finit parfois par diminuer leur volume (il faut quand même du temps...). Il faudra peut-être compenser cette érosion normale en introduisant quelques nouvelles pierres pour améliorer l'épuration biologique (bactérienne) de l'eau. Si au passage d'une pompe à débit fixe au plus proche des pierres vivantes, vous constatez un décollement de déchets, cela peut signifier un "manque d'entretien" naturel des pierres. Un brassage mal orienté (ou insuffisant) peut en être la cause mais une amélioration de l'équipe d'entretien du décor (les bienvenus détritivores...) pourrait être encore plus efficace. Escargots et bernard-l'hermite sont d'excellents auxiliaires pour les roches et le sable : non seulement ils consomment des déchets, mais ils nettoient aussi la surface des éléments rocheux, tout en consommant des micro-algues. Les détritivores participent activement au bon fonctionnement d'un aquarium récifal et au maintien des taux de nitrates et de phosphates!

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